Dans l’Indre, un nouveau cap est franchi pour la lutte contre les plantes invasives

Un arrêté préfectoral de lutte contre les ambroisies et la Berce du Caucase a été signé le 1er juillet 2022 dans le département de l’Indre.

Cet arrêté concerne les 3 espèces d’ambroisie (ambroisie à feuille d'armoise, ambroisie trifide et ambroisie à épis lisses) ainsi que la Berce du Caucase. Il vise à lutter contre l’apparition de ces espèces et leur prolifération et il prescrit leur destruction obligatoire.

A noter que pour la région Centre-Val de Loire, des arrêtés similaires ont déjà été publiés dans le Cher, l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher, mais ceux-ci concernent uniquement la lutte contre l’ambroisie ; la Berce du Caucase n’est pas incluse. Tous les départements de la région sont concernés par la lutte contre ces espèces, les départements restants devraient, à leur tour, se munir prochainement d’arrêtés préfectoraux.

 

Deux plans d’action accompagnent l’arrêté préfectoral de l’Indre (un pour l’ambroisie et un pour la Berce du Caucase). Ils sont déclinés en 3 axes :

Axe 1 : Poursuivre l’amélioration des connaissances

Axe 2 :  Poursuivre les actions d’information et de communication

Axe 3 : Agir pour prévenir l’apparition de l’Ambroisie ou de la Berce du Caucase ou lutter contre leur prolifération

Au niveau régional, le plan de lutte contre l’ambroisie est piloté par l’Agence Régionale de Santé. L’accompagnement technique est réalisé par FREDON Centre-Val de Loire (convention régionale ARS Centre-Val de Loire et FREDON Centre-Val de Loire).

 

La lutte contre l’ambroisie, dont le pollen est très allergisant, est un enjeu de santé publique.

Par exemple, en 2017, elle a entraîné un coût de plus de 40 millions d’euros pour la seule région Auvergne-Rhône-Alpes, où elle est particulièrement répandue.

Ses impacts sont également agricoles, entraînant des pertes de rendements pouvant aller jusqu’à la perte totale de la culture, et environnementaux, avec des conséquences en matière de biodiversité. Sa présence implique des coûts conséquents pour les sociétés humaines.

L’ambroisie à feuilles d’armoise colonise différents milieux : parcelles agricoles, chantiers, bords de routes, bords de cours d’eau… Sa présence est contrastée dans notre région avec une implantation marquée au sud de la Loire et sur l’axe fluvial.

 

Plateforme de signalement de l’ambroisie

Une plateforme interactive de signalement d’ambroisie a été créée à l’échelle nationale et permet de suivre l’évolution des zones colonisées : www.signalement-ambroisie.fr

 

Il faut toutefois nuancer la répartition de l'ambroisie en Centre-Val de Loire : au Nord de la Loire, le réseau d’observateurs est nettement moins fourni, ce qui explique en partie l’absence de signalements. Cette notion de surveillance fait d’ailleurs partie des enjeux de l’arrêté préfectoral et du plan de lutte. En effet, l’arrêté propose la nomination de référents territoriaux dans les différentes collectivités (dans l’idéal au moins un par commune).

En ce qui concerne l’ambroisie trifide, quelques signalements ont été recensés au Nord Est de la région, mais n’ont pas tous été confirmés.

Quant à l’ambroisie à épis lisses, elle n’a jamais été observée dans notre région. Ces 2 espèces sont donc sous surveillance.

 
Ambroisie à feuilles d'armoise. Crédit photos : Observatoire des Ambroisies https://ambroisie-risque.info/observatoire-des-ambroisies/ 

 

 

Tout comme l’ambroisie, la Berce du Caucase est une espèce exotique envahissante nuisant à la biodiversité et à la santé humaine.

Le contact de la peau avec la sève de la plante peut provoquer des brûlures extrêmement sévères pouvant aller jusqu’au 2ème voire 3ème degré. Les symptômes apparaissent sur les zones ayant été en contact avec la sève après exposition aux rayons UV du soleil.

La plante est assez simple à reconnaître : c’est une ombellifère géante aux grandes feuilles fortement découpées et à la tige poilue et rougeâtre. Elle atteint fréquemment 2 à 3 m de haut.

Elle colonise de nombreux habitats.  Sa présence est encore heureusement très limitée, mais sa répartition est assez homogène et dispersée sur l’ensemble territoire français. Dans la région, elle a été signalée dans tous les départements, à l’exception du Loiret.

Berce du Caucase. Crédit photo : FREDON Bretagne

 

Plateforme de signalement de la berce du Caucase

Comme pour l’ambroisie, une plateforme de signalement permet d’enregistrer les sites sur lesquelles l’espèce a été observée : www.tela-botanica.org/mission/berceducaucase/

 

Pour en savoir plus sur ces espèces

Rendez-vous sur le site de l’Observatoire des espèces à enjeux pour la santé humaine et sur le site de l’Observatoire des ambroisies :  www.plantes-risque.info et www.ambroisie.info