Le 16 juin 2026, un scarabée japonais (Popillia japonica) a été capturé dans le département du Doubs, sur la commune d'Écot, grâce à un piège positionné à proximité d'un axe routier majeur dans le cadre de la surveillance officielle du territoire. L'identification a été confirmée le 22 juin par le laboratoire national de référence, l'unité d'entomologie et botanique de l'Anses. Il s'agit de la première détection de Popillia japonica en région Bourgogne-Franche-Comté, et de la première détection sur le territoire national en 2026.
Une interception, pas une installation
Les conditions de capture laissent supposer qu'il s'agit d'un individu isolé, dit « auto-stoppeur », ayant vraisemblablement voyagé via le transport routier. Un renforcement immédiat du piégeage a été mis en place, et des prospections sont actuellement menées par les agents de la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF). La surveillance sera prolongée sur les prochaines semaines afin de confirmer qu'il s'agit bien d'un cas isolé et de s'assurer que la situation n'évolue pas.
Cette situation fait écho aux premières détections enregistrées en France durant l'été 2025, dans la région Grand Est (Haut-Rhin), qui relevaient également d'interceptions. La progression de l'insecte depuis l'Italie, où il est présent depuis 2014, et depuis la Suisse, où il est établi depuis 2017, se confirme donc à travers les axes de transport transfrontaliers.
Une menace sérieuse pour les végétaux
Originaire d'Asie, Popillia japonica est classé Organisme de Quarantaine Prioritaire par l'Union européenne, en raison de sa nuisibilité importante. Il s'attaque à plus de 400 espèces de plantes alimentaires, forestières et ornementales, parmi lesquelles la vigne, les arbres fruitiers, les petits fruits, les gazons et le maïs. Les adultes, actifs en été, dévorent le feuillage en lui donnant un aspect en dentelle, et peuvent également s'attaquer aux fleurs et aux fruits. Les larves, quant à elles, consomment les racines des graminées, provoquant un affaiblissement progressif des plantes.
L'insecte est facilement reconnaissable : il mesure moins d'un centimètre (inférieur à la taille d'une pièce de 1 centime d'euro) et présente des touffes de soies blanches caractéristiques sur le pourtour de l'abdomen. Il peut néanmoins être confondu avec d'autres coléoptères présents en France, comme le hanneton des jardins.
Un dispositif de surveillance déjà en place
Depuis 2021, un plan de surveillance renforcée par piégeage est déployé en Bourgogne-Franche-Comté, le long des principales voies de communication (routières, ferroviaires et aéroportuaires) reliant la France à l'Italie et à la Suisse. C'est précisément ce dispositif qui a permis cette détection précoce.
Comment contribuer à limiter sa propagation ?
Pour éviter la dissémination de Popillia japonica sur le territoire, plusieurs gestes simples sont essentiels :
- Évitez de transporter des végétaux, de la terre ou des produits végétaux depuis des zones infestées, en particulier depuis l'étranger.
- Autorisez l'accès à vos parcelles ou jardins aux agents de surveillance habilités.
- Surveillez vos végétaux, en particulier si vous vous trouvez en zone délimitée ou proche d'une zone à risque.
Mieux connaître Popillia japonica

Popillia japonica est un coléoptère originaire d’Asie, introduit accidentellement en Amérique du Nord puis en Europe. Il est univoltin, c’est-à-dire qu’il ne développe qu’une seule génération par an. Les adultes émergent entre juin et juillet, par temps chaud et humide, et peuvent vivre plus d’un mois. L’accouplement a lieu peu de temps après l’émergence, et la ponte des œufs suit rapidement. La durée de vie moyenne d’une femelle est de 30 à 45 jours, pendant lesquels elle peut pondre 40 à 60 œufs. Les œufs éclosent en 2 semaines environ dans le sol, principalement dans les pelouses ou les prairies bien irriguées. Les larves se développent en profondeur jusqu’au printemps suivant.
L’adulte mesure entre 8 et 11 mm, avec un corps de couleur vert métallique et des élytres bronze cuivré. Il est facilement reconnaissable à ses cinq touffes de poils blancs visibles de chaque côté de l’abdomen. Les larves, en forme de « C », sont blanches avec une tête brune, et vivent dans le sol où elles s’attaquent aux racines.
Vous êtes dans une zone à risque ?
Soyez vigilants, surveillez vos végétaux et signalez toute suspicion.
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