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Les chenilles de processionnaires

Les chenilles de processionnaires du pin (Thaumetopoea pytiocampa) et les chenilles de processionnaires du chêne (Thaumetopoea processionea) vivent en colonie dans les résineux de la famille des pins (pin sylvestre, pin noir, cèdre de l’Atlas…) pour les premières, et dans les feuillus de la famille des chênes (chêne sessile, chêne pédonculé…) pour les secondes. Ces chenilles sont classées nuisibles pour la santé humaine dans le Code de la Santé publique depuis 2022. En effet, elles présentent des soies très urticantes engendrant des atteintes cutanées, respiratoires, oculaires ou digestives, que ce soit chez les humains ou les animaux. Elles présentent également un impact sur les arbres (défoliations, ralentissement de la croissance, fragilisation de l'arbre).



  • 2. Mettre en place une méthode de gestion adaptée. Il est conseillé de faire appel à une entreprise spécialisée.


La charte de bonnes pratiques a pour objectif de garantir une lutte efficace contre les chenilles de processionnaires du pin et du chêne, afin d’éviter les problèmes de santé engendrés par un contact de ces chenilles avec les populations humaines et des animaux domestiques. Elle impose le respect de l’environnement et des conditions de sécurité requises lors d’une intervention pour l'opérateur comme pour le voisinage.


La liste des entreprises ayant signé cette charte est régulièrement mise à jour et accessible ci-dessous.


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Vous venez de faire appel à une entreprise signataire de la charte des bonnes pratiques pour la lutte contre les chenilles de processionnaires du chêne et du pin ? N’hésitez pas à nous faire part de votre ressenti en répondant à l'enquête de satisfaction (environ 5 minutes) disponible en cliquant sur le lien ci-dessous:


Votre collectivité souhaite acheter des pièges à collier pour les chenilles de processionnaires du pin ? Retrouvez nos tarifs et notre formulaire de commande en cliquant ici.

Des formations sur la reconnaissance et la gestion des chenilles de processionnaires du pin et du chêne et sur le rôle des référents chenilles de processionnaires sont disponibles. Pour plus d'informations, cliquez ici.

Le site de l'Observatoire des chenilles de processionnaires donne accès au téléchargement à de nombreux documents :

  • Plaquettes de reconnaissance des deux espèces
  • Dépliant d'information
  • Recueil de méthodes de gestion
  • Affiches

Pour en savoir plus : reconnaissance des chenilles de processionnaires du pin

La chenille de processionnaire du pin, forme larvaire du papillon de nuit Thaumetopoea pityocampa Schiff, est un ravageur important des pineraies d’Europe du Sud. Elle s’attaque à de nombreuses espèces de pins (pin noir d’Autriche, laricio de Corse, Salzman, maritime, sylvestre, pin d’Alep, etc…) et dans une moindre mesure aux cèdres.

Les papillons apparaissent au cours de l’été, de mi-juin à fin août suivant les années et les régions. Leur durée de vie excède rarement 24 heures. Pour pondre, les femelles peuvent parcourir quelques kilomètres. Généralement, elles privilégient les silhouettes d’arbres se découpant sur fond clair. Ainsi, elles choisissent de préférence des lisières de massifs et des arbres isolés.

Les jeunes chenilles éclosent un mois à un mois et demi après la ponte, de fin juillet à fin septembre selon les régions. Elles vivent regroupées en colonies et se nourrissent du limbe des aiguilles, de préférence la nuit lorsqu’il ne gèle pas. La chenille évolue en passant par 5 stades larvaires successifs. Longue de 3 mm à peine et jaune-vert au premier stade, elle atteint au dernier stade près de 5 cm. Elle est alors de couleur brun-roux avec des soies latérales blanches. Son développement dure entre 4 à 8 mois.

Dès les premiers froids, généralement à la fin du 3ème stade, elles confectionnent leur nid d’hiver, après avoir cherché la position la mieux exposée au soleil.

Au 5ème stade, les chenilles quittent l’arbre en formant de véritables processions, descendant de la cime des arbres le long des branches et du tronc à la recherche d’un endroit au sol suffisamment chaud et meuble pour s’enfouir à quelques centimètres de profondeur (5 à 20 cm). Selon les régions et l’ensoleillement, l’époque de la procession varie, se situant généralement entre décembre et avril.

Une fois enterrée, la chenille se transforme en chrysalide marquant le début de la diapause qui durera en général jusqu’à un mois avant la date localement favorable pour la sortie des adultes (environ mi-mai). Cependant, en cas de températures trop basses ou trop élevées au moment de la morphogenèse, la diapause peut durer plusieurs années (2 à 4 ans).

De gauche à droite : nid de chenilles de processionnaires du pin / chenilles en procession / papillon adulte

Reconnaissance des chenilles de processionnaires du chêne

La chenille de processionnaire du chêne, forme larvaire du papillon de nuit Thaumetopoea processionea, est un ravageur des chênes (Quercus sp.), majoritairement présent dans l’Est et le Nord-Ouest de la France.

Les papillons apparaissent au cours de l’été, de mi-juillet à mi-septembre suivant les années et les régions. Les femelles adultes ont une dispersion plus importante que les chenilles processionnaires du pin, elles peuvent parcourir entre 5 à 20 km et les mâles entre 50 et 100 km.

La période de ponte a également lieu en été, au niveau de la canopée supérieure des chênes. Les œufs, très discrets, varient entre 50 et 200 par pontes et se situent le longs des branches de l’arbre-hôte. L’éclosion se passe généralement entre avril et mai.

Durant leurs différents stades de développement larvaire, les chenilles construisent des tissages légers pour se protéger la journée. A chaque stade un nouveau tissage est réalisé. A la fin du stade L5, un nid accroché sur le tronc et les branches épaisses, est tissé. Les chenilles y réalisent leur nymphose.

Le terme «procession» désigne ici le moment, où à la fin de la journée, les chenilles rejoignent les feuilles de l’arbre pour se nourrir.

De gauche à droite : nid de chenilles de processionnaires du chêne / chenille (Crédit photo : Philippe Mothiron) / papillon adulte

Dégâts et impacts sanitaires

En zone d’habitation, la présence des nids dans les jardins de particuliers ou les lieux publics très fréquentés (écoles, parcs, stades, …) est responsable d’affections graves chez l’homme et chez les animaux, liés au caractère urticant des soies des chenilles.

Dès le 3ème stade, les chenilles portent des minuscules poils urticants qui se libèrent lorsqu’elles se sentent agressées. Ces poils restent en suspension dans l’air ambiant. Ils demeurent virulents plusieurs mois après la disparition des chenilles, notamment dans les nids qu’elles ont occupés.

Chez l’Homme, le contact avec les chenilles ou avec les poils urticants disséminés par le vent est responsable d’accidents plus ou moins graves suivant la sensibilité des individus :
• Sur la peau : apparition de plaques rouges avec ou sans cloques, accompagnées de démangeaisons intenses ou de sensations de brûlure qui peuvent durer quelques heures à quelques jours. Les lésions se situent surtout aux endroits de frottement avec le vêtement (jambes, cou, poignets) et peuvent être particulièrement graves lors de contact direct avec les chenilles.
• Au niveau des yeux : paupières rouges et enflées. Quand les poils urticants pénètrent dans l’œil, ils peuvent causer des accidents graves (jusqu’à la cécité).
• Dans les bronches : allergies violentes chez les personnes présentant des difficultés respiratoires.
Si ces symptômes persistent, la consultation d'un médecin est vivement recommandée.

Les animaux domestiques, comme les chiens ou les chevaux sont les plus vulnérables surtout à l’époque des processions où les chenilles sont directement accessibles. Les poils urticants provoquent chez ces animaux des nécroses allant jusqu’à la perte de la langue.

Les chenilles de processionnaire sont responsables de dégâts sur les boisements en forêt de pins ou de chênes suivant l'espèce. En effet, la consommation du feuillage peut être particulièrement sévère si les populations sont importantes, occasionnant une défoliation massive et un préjudice important surtout aux jeunes boisements. L'impact des défoliations se traduit par une fragilisation des arbres et un ralentissement de leur croissance, sans pour autant provoquer leur mort. Toutefois, ils deviennent beaucoup plus sensibles aux attaques d’autres insectes xylophages, aux champignons et maladies ainsi qu’aux stress hydriques et thermiques.

Méthodes de gestion

La lutte contre les chenilles de processionnaire ne permet pas d’éviter une nouvelle infestation, mais consiste uniquement à protéger les peuplements de jeunes arbres les plus sensibles et à limiter localement les populations à un taux compatible avec la présence humaine. 

Échenillage : Lors d’attaques ponctuelles sur des arbres de faible taille ou facilement accessibles, il est possible de récolter les nids, ou de couper les rameaux porteurs à l’aide d’un sécateur ou d’un échenilloir en se protégeant suffisamment. Les pré-nids récoltés (de mi-septembre à fin octobre) seront brûlés, jetés aux ordures ou mieux déposés loin de tout arbre directement au sol dans un endroit dégagé et à bonne distance des pins (500 m) pour permettre l’action et la survie des prédateurs naturels. Pour les nids d’hiver (novembre à février), les chenilles portant à ce stade des poils urticants, il est indispensable de se protéger au maximum à l’aide de vêtements étanches, foulard autour du cou, masque de type apiculteur et gants hermétiques. Les nids seront ensuite incinérés afin de détruire les poils urticants.

Eco-pièges : Pour protéger un jardin ou un parc, ne contenant que quelques pins, contre les risques d’urtication lors des processions, il est possible d’installer des « éco-pièges ». L’éco-piège a pour objectif de collecter les chenilles avant qu’elles n’atteignent le sol, dans un sac rempli de terre. Le sac peut être retiré à partir du mois de mai. Pour le détruire, deux possibilités : soit l’incinérer dans un contenant fermé, soit le suremballer dans un sac poubelle et le jeter aux ordures ménagères.

Pièges à phéromones : Afin de réduire l’apparition de nid dans les arbres, un piège à phéromones peut être utilisé. Il a pour objectif d’attirer les papillons mâles grâce à une phéromone de synthèse imitant celle libérée par les femelles. Cette solution écologique permet de limiter les accouplements et donc la production d’œufs. Cette méthode est conseillée en complément de l’éco-piège.

Pulvérisation : Lors d’attaques plus importantes, sur des arbres de grande taille ou difficilement accessibles, il est possible d'appliquer sur les arbres infestés une bactérie : le Bacillus thuringiensis var. kurstaki (BTk). Le BTk est homologué comme produit phytopharmaceutique et nécessite des conditions d'application particulières. Pour une meilleure efficacité, le produit est appliqué sur les jeunes chenilles (septembre-octobre), permettant ainsi d'éviter la production de soies urticantes. Le BTk impacte également les lépidoptères non cibles.

Destruction mécanique : Il est possible de prélever et détruire les nids accrochés aux troncs et aux branches charpentières des arbres infestés. Le prélèvement et la destruction peuvent se faire par :

• Décrochage du nid puis mise en sac hermétique. Afin d'éviter la mise en suspension dans l'air des soies urticantes, il est possible de pulvériser abondamment de l'eau savonneuse sur le nid en amont du décrochage.

• Aspiration du nid à l'aide d'un appareil spécifique disposant d'un système de filtration des soies urticantes.

• Aspersion d'eau sous pression sur le nid pour le faire tomber puis récupération des déchets à l'aide d'un râteau.

Ce méthodes nécessitent l'aide d'un professionnel.

Pièges à phéromones : Afin de réduire l’apparition de nid dans les arbres, un piège à phéromones peut être utilisé. Il a pour objectif d’attirer les papillons mâles grâce à une phéromone de synthèse imitant celle libérée par les femelles.

Pulvérisation : Lors d’attaques plus importantes, sur des arbres de grande taille ou difficilement accessibles, il est possible d’utiliser une bactérie létale pour tous les lépidoptères : le Bacillus thuringiensis (Bt). Cette solution biologique est sans risque pour l’environnement ou pour la santé humaine. Pour une meilleure efficacité, la bactérie doit être appliquée sur les jeunes chenilles (avril à mi-mai).

Podcast Fredonnons la nature - Chenilles processionnaires : des larves un poil urticantes