Les 3 espèces d’ambroisies en France
L’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), l’Ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.) et l’Ambroisie à épis lisse (Ambrosia psilostachya DC.) sont des plantes invasives originaires d’Amérique du Nord et capables de se développer rapidement dans de nombreux milieux (parcelles agricoles, bords de route, chantiers, friches, etc.).



Leurs pollens, émis en fin d’été, provoquent de fortes réactions allergiques (rhinites, etc.) chez les personnes sensibles. L’Ambroisie à feuilles d’armoise est l’espèce d’ambroisie la plus répandue en France. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé en 2020 qu’au minimum 1 million de personnes sont allergiques à l’ambroisie en France et que les coûts de prises en charge médicale s’élèvent au minimum à 59 millions d’euros par an.
En plus d’être une problématique de santé publique, les ambroisies sont une menace pour la biodiversité (concurrence avec certains végétaux en bords de cours d’eau) et pour l’agriculture (pertes de rendement dans certaines cultures). En effet, elles peuvent se développer dans des parcelles agricoles aux dépens des cultures et entrainer des pertes de rendements et des coûts de gestion supplémentaires. L’Ambroisie trifide, pouvant atteindre jusqu’à 4 mètres de hauteur et produire jusqu’à 200 graines se développe essentiellement sur les zones agricoles, dans de nombreuses cultures, notamment de printemps.
Les risques pour la santé humaine

Le pollen des ambroisies, émis de mi-juillet à début octobre selon les conditions météorologiques, est très allergisant : quelques grains de pollen par mètre cube d’air suffisent pour provoquer divers symptômes chez les personnes sensibles. Les réactions les plus couramment observées sont des rhinites, conjonctivites, trachéite (toux sèche), asthme et urticaire.
Les symptômes sont saisonniers, avec un pic en septembre, et d’autant plus prononcés que le taux de pollen dans l’air est élevé et persiste pendant plusieurs jours. A l’automne, la tendance évolutive est une plus grande fragilité vis à vis des infections respiratoires hivernales, avec la pérennisation de l’inflammation et de l’hyperréactivité bronchique.
Les risques pour l’agriculture
Le développement des Ambroisies à feuilles d’armoise et trifide dans les cultures peut être spectaculaire du fait de la taille et de la densité des populations. C’est aussi le milieu dans lequel le rôle du stock de semences est le plus important.
Invasion d'Ambroisie à feuilles d'armoise dans une culture de Tournesol. Crédits : Observatoire des ambroisies - FREDON France
Tout nouveau foyer doit être géré rapidement pour éviter :
- des coûts de gestion augmentés jusqu’à plusieurs milliers d’euros (désherbage et travail du sol),
- la réduction de rendement dans les cultures,
- le déclassement de la récolte des cultures dû à présence de graines d’ambroisie.
Dès qu’un pied d’ambroisie est observé, il faut rapidement l’éliminer car il est difficile de d’éradiquer un foyer une fois qu’il est installé.
Réglementation
En France, l’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), l’Ambroisie trifide (Ambrosia trifida) et l’Ambroisie à épis lisse (Ambrosia psilostachya) sont classé au code de la santé publique comme espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Il est donc interdit de les introduire, les transporter, les utiliser, les mettre en vente ou en acheter, sous quelque forme que ce soit.
Dans les départements concernés par la présence d’ambroisie ou susceptible de l’être, le préfet détermine par arrêté préfectoral les mesures à mettre en œuvre sur ce territoire et leurs modalités d’application.
Comment lutter contre l’ambroisie ?
Tout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire, ayant droit ou occupant à quelque titre que ce soit d’un terrain bâti ou non bâti, doit entretenir ce terrain en y pratiquant un entretien à la fois régulier et adapté, de nature à empêcher la prolifération des pieds d’ambroisie.
L’objectif de cette lutte contre l’ambroisie est d’interrompe le cycle de l’ambroisie en :
- Empêchant la plante de produire du pollen pour limiter les allergies
- Empêchant la plante de produire des semences pour limiter l’invasion
Il est indispensable de poursuivre les actions de lutte sur plusieurs années pour éradiquer la plante.
La plateforme de signalement ambroisie : un outil au service de tous
Pour faciliter la gestion de cette espèce, la Plateforme de Signalement des ambroisies a été mise en place.
Toute personne peut signaler la présence de ces espèces sur une zone. Cette démarche vise à encourager une action collective et coordonnée pour gérer efficacement le risque représenté par ces espèces.
La plateforme répond à plusieurs objectifs :
- Améliorer la connaissance des niveaux de présence des différentes espèces d’ambroisie, en rassemblant des données fiables et actualisées.
- Sensibiliser et informer le grand public, en rendant visible la problématique et en facilitant la compréhension des enjeux sanitaires et environnementaux.
- Fournir un outil de pilotage aux acteurs de la lutte, leur permettant de mieux suivre les signalements et d’orienter les actions de gestion.
- Favoriser la coordination des efforts, en mettant en relation les différents intervenants d’un territoire autour d’un objectif commun.
Il est important de noter que tout signalement ne donne pas systématiquement lieu à une action de lutte. Celle-ci dépend du niveau d’infestation, des dynamiques locales et de la réglementation en vigueur, notamment les arrêtés préfectoraux.
Pour aller plus loin :
Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations sur les ambroisies sur le site : ambroisie-risque.info
Contacts de l’Observatoires des ambroisies – FREDON France : observatoire.ambroisie@fredon-france.fr Tél : +33(0)7 45 10 44 95
Pour plus d’informations sur la gestion des ambroisies dans votre région contactez votre FREDON régionale
Podcast : Ambroisies : les vilaines cousines du tournesol
Observatoire des ambroisies – FREDON France
Afin de renforcer la coordination des actions de prévention et de lutte contre les ambroisies, un Observatoire des ambroisies a été mis en place depuis juin 2011 par le ministère des Solidarité et de la Santé, en partenariat avec les ministères de l’Agriculture et de l’Alimentation et de la Transition écologique et de l’Intérieur. De 2011 à 2017, c’est l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) qui a piloté cet Observatoire. Depuis 2017, le pilotage et l’animation de l’Observatoire sont assurés par FREDON France.
Objectif de l’Observatoire des ambroisies – FREDON France : favoriser l’action
Ses principales missions sont de :
- constituer un centre national de ressources en matière d’ambroisie,
- contribuer à valoriser les connaissances sur la plante et notamment leurs effets sur la santé,
mettre en avant les actions durables de prévention ainsi que les données scientifiques et les projets de recherche en cours, - développer des actions en partenariat avec les acteurs nationaux et de terrain (agences régionales de santé, services de l’État, collectivités territoriales, associations d’usagers et environnementales, agriculteurs, gestionnaires des milieux concernés, etc.).
L’Observatoire met en valeur les actions efficaces pour un meilleur contrôle du développement des ambroisies et une réduction de leurs impacts sur la santé et les milieux.
Organiser la surveillance de la dispersion
L’Observatoire a pour mission de poursuivre le travail de cartographie nationale et régionale de présence des ambroisies initié en 2010 dans le cadre du 2ème Plan national santé environnement, dans l’objectif :
- d’informer le grand public et des acteurs concernés,
- d’encourager la mise en place de plans d’actions de lutte adaptés à chaque contexte d’infestation.
Les membres du Comité Technique de l’Observatoire
Le comité technique se réunit deux fois par an pour suggérer, accompagner et aider la mise en œuvre des actions de l’Observatoire des ambroisies. Il réunit de nombreux représentants des différents acteurs concernés par la problématique des ambroisies : réseaux de surveillance aérobiologique, scientifiques, instituts du monde agricole, collectivités territoriales, gestionnaires de milieux, associations de malades, d’usagers et de protection de l’environnement, etc. C’est cette diversité qui en fait sa richesse.