
Dès la détection d’un organisme réglementé faisant l’objet de mesures de lutte obligatoire et/ou de quarantaine, une gestion spécifique du foyer, relevant d’une démarche de « gestion de crise », est mise en place. L’objectif est généralement de parvenir à l’éradication de l’organisme concerné et de limiter sa dissémination. La détection de foyers dans les régions voisines peut également conduire à renforcer la surveillance sur le territoire de la région Centre-Val de Loire.
Capricorne asiatique
Le Capricorne asiatique Anoplophora glabripennis a été détecté à Gien en 2003. Depuis cette découverte, tout arbre présentant des symptômes ou sur lequel l’insecte est identifié fait l’objet d’une destruction systématique. À ce jour, le foyer demeure actif et n’a pas encore été éradiqué.
FREDON CVL réalise une observation sur environ 850 arbres sur la période estivale, ainsi que la surveillance des essences hôtes au capricorne asiatique sur une zone du foyer d’environ 3km² pendant la période hivernale. Cette mission mobilise une équipe d’inspecteurs et de grimpeurs sur 1 chantier de 4 mois (novembre à février) pour environ 57 000 arbres inspectés ces dernières années.

Chancre coloré du platane

Ceratocystis platani, est réglementé au niveau européen par le règlement d’exécution 2016/2031 comme organisme de quarantaire de lutte obligatoire. Au niveau nationale, l’arrêté ministériel du 22/12/2015 prévoit des mesures de surveillance, de prophylaxie et d'éradication pour empêcher son introduction et sa dissémination.
Le chancre coloré est une maladie due à un champignon (Ceratocystis platani) qui s’attaque uniquement aux platanes (genre Platanus, regroupant une dizaine d’espèces). Il pénètre dans l’arbre par la moindre blessure, progresse vers le cœur de l’arbre, obstrue les vaisseaux (empêchant la sève de circuler) et libère des toxines qui vont provoquer le dessèchement de l’arbre.
Très virulent, il est capable de s’attaquer à des platanes en très bon état végétatif. La mort de l’arbre est inéluctable en quelques mois ou quelques années.
Flavescence dorée
La flavescence dorée est une maladie de la vigne provoquée par un phytoplasme, une forme particulière de bactérie, transmis par la cicadelle Scaphoideus titanus. Classée organisme de quarantaine, cette maladie fait l’objet de mesures réglementaires de surveillance et de lutte.
En région Centre-Val de Loire, la gestion des foyers repose notamment sur l’arrachage des ceps contaminés, ainsi que sur une surveillance renforcée et une lutte contre la cicadelle vectrice. Ces mesures s’appliquent dans des zones délimitées autour des parcelles contaminées, comprenant au minimum une zone de 500 mètres.
Chaque année, le zonage du foyer d’Indre-et-Loire, touchant les appellations Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil est réactualisé (carte disponible dans l’arrêté préfectoral en vigueur). Le foyer du Sancerrois situé à la frontière de la Bourgogne a été officiellement déclaré apuré en 2026, les mesures mises en œuvre ayant permis son éradication (Cf arrêté ci-dessous).
La surveillance des vignes reste essentielle : tout propriétaire ou détenteur doit surveiller ses parcelles et signaler sans délai toute suspicion de flavescence dorée aux services compétents de la DRAAF. Dans les zones délimitées, la surveillance des parcelles infestées est réalisée par l’équipe d’inspection FREDON Centre-Val de Loire. La surveillance de la zone tampon est sous la responsabilité des professionnels, leurs signalements donnant lieu à des recontrôles par FREDON CVL.

Ralstonia solanacearum

Ralstonia solanacearum est l’agent pathogène responsable du flétrissement bactérien. Il est considéré comme l’un des agents pathogènes les plus importants sur culture maraîchère. De nombreuses familles de plantes sont attaquées par cet agent pathogène, et plus particulièrement les Solanacées.
La propagation de la bactérie se fait par :
- L’eau : la maladie se répand facilement lors des épisodes pluvieux mais aussi par les systèmes d’irrigation contaminés.
- Le réseau racinaire de plantes contaminées voisines aux plantes saines suffisamment proches.
- Le matériel agricole contaminé utilisé dans un réseau de parcelles.
- Le matériel végétal contaminé (débris végétaux laissés en terre, adventices) : la bactérie peut en effet survivre dans un sol pendant 2-3 ans.
Cas de contamination de pommes de terre à Ralstonia solanacearum – Loir-et-Cher (juin 2025)
La présence de la bactérie Ralstonia solanacearum dans les eaux du Loir, en Eure-et-Loir (28), est connue depuis juillet 2024. À l’issue de la campagne de surveillance menée en 2024, aucune détection n’avait été signalée au-delà de Cloyes-les-Trois-Rivières. Début 2025, la contamination du Loir a également été confirmée dans les départements du Maine-et-Loire (49) et de la Sarthe (72). Au printemps 2025, des analyses d’eau ont été réalisées entre Cloyes-les-Trois-Rivières (28) et Vendôme (41), confirmant la présence de la bactérie. L’enquête épidémiologique a ensuite révélé qu’un producteur de pommes de terre avait irrigué ses cultures avec ces eaux contaminées. Fin juillet 2025, les analyses ont confirmé la présence de la bactérie sur les tubercules de pommes de terre.
Réglementation en vigueur
Deux arrêtés préfectoraux départementaux encadrent les mesures applicables à Ralstonia solanacearum dans les départements concernés (28 et 41).
Les eaux du Loir situées sur la commune de Cloyes-les-Trois-Rivières (28) et dans le département du Loir-et-Cher sont déclarées contaminées par Ralstonia solanacearum. L’utilisation d’eau prélevée dans ces zones est interdite pour l’irrigation des cultures de la famille des Solanacées, notamment les pommes de terre, les tomates, les poivrons et les aubergines. Pour les autres cultures, les exploitants agricoles qui utilisent de l’eau prélevée dans les zones contaminées doivent déclarer les parcelles concernées auprès de la DRAAF Centre-Val de Loire.



